[story time] Comment j’ai passé mon Permis moto au Vietnam en tant qu’étranger

Dans la plupart des pays d’Asie du Sud-Est, il est très simple de louer une moto ou un scooter. Aucun besoin de présenter un permis (que ce soit un permis auto ou moto), il suffit de payer, laisser un peu de cash ou une pièce d’identité en guise de caution, et c’est parti, à vous la liberté !

Beaucoup de touristes succombent à cette facilité (nous également !) tant il est appréciable d’être autonome pour traverser les rizières ou longer des plages paradisiaques.

Si la location est aisée, ce n’est pas pour autant qu’elle est légale, avec deux conséquences :

  • En cas de contrôle, vous vous exposez à une amende. Dans certaines zones, l’activité préférée des policiers est d’arrêter les touristes en scooter pour se faire de l’argent de poche. Ca nous est arrivé à Chiang Maï en Thaïlande.
  • Bien plus grave, en cas d’accident, votre assurance voyage ne vous couvrira pas car vous conduisez illégalement. Dans beaucoup de pays, les frais d’hôpitaux pour les cas graves sont très élevés. Chaque année, on a des histoires dramatiques de familles qui doivent vendre leur maison pour financer les dépenses de santé du rejeton qui s’est planté en scooter.

Comme nous ne sommes pas prêts à renoncer au plaisir du scooter, on s’est dit que ce serait une bonne idée que je passe le permis moto. La solution la plus logique serait de le passer en France mais entre le code à repasser, les heures de conduite, les délais pour l’examen, … Il aurait fallu rester plusieurs mois sur place, cette perspective ne nous enchantait guère.

D’où la solution alternative : passer le permis au Vietnam !

En principe, c’est impossible sans parler le vietnamien, mais il y a moyen de s’arranger…

Un vietnamien organise des sessions spéciales pour les expatriés.

J’ai le choix entre le permis A1 et A2. Comme le permis A2 est de durée illimitée au Vietnam, Anh m’encourage de passer le permis A2.

Rendez-vous est pris avec cet organisateur dans un café. Nous lui payons un prix outrageusement élevé par rapport au prix normal, vous allez comprendre pourquoi.

Il m’explique le déroulé du passage de permis qui se fait sur une demi-journée :

  • La première étape consistera à réaliser un test de vietnamien
  • La deuxième étape est le passage du code, sous forme de QCM sur un ordinateur
  • La troisième étape est un exercice pratique avec une moto

Mon passage se déroulera 15 jours plus tard.

L’entraînement

Je suis donc inscrit pour une session de permis, encore faut-il apprendre… à conduire. En effet, si j’ai régulièrement conduit en scooter, je n’ai jamais conduit une moto manuelle. Nous louons donc une moto pour une journée (ici) pour apprendre à utiliser l’embrayage, à changer de vitesse, à freiner avec le pied, … Ce n’est pas si différent que la conduite d’une voiture manuelle donc après 2 ou 3 calages, ça vient assez vite.

Heureusement que Hung, qui travaille chez HaiBanh Garage – Motorbike / Scooter Rental (google maps) a été très patient avec moi et a pris le temps pour me montrer les fonctionnalités de base (en anglais).

L’aspect délicat de l’exercice pratique est de réaliser un « huit », je pars donc m’entraîner sur une piste. Ca me met la pression car ce n’est pas si simple qu’on peut le penser. Sachant que la piste auquel j’ai accès est une piste pour l’examen A1, plus étroite que l’examen A2 que je vais passer.

Premier passage : gros fail !

C’est le jour J, je suis très stressé car je me suis mis une grosse pression.

Rendez-vous est pris à 6h45 devant un centre commercial d’Hanoï. L’organisateur vient nous chercher en mini-bus, nous sommes une vingtaine d’étrangers qui vont passer l’examen.

Le centre d’examen est à environ une heure de route d’Hanoï.

Première étape : le test de vietnamien

Nous entrons tous dans une grande salle où nous nous installons autour d’une immense table.

Je n’ai pas de photos à vous montrer mais cette table est minuscule en comparaison.

Lors de la rencontre avec l’examinateur, celui-ci m’avait expliqué que le test de vietnamien consistait :

  • Soit dans la lecture de quelques phrases en vietnamien
  • Soit dans quelques questions auquelles il fallait répondre

Avec l’aide d’Anh, j’avais appris par coeur les questions qui pouvaient tomber et les réponses correspondantes (comment t’appelles-tu, d’où viens-tu, quel est ton métier, …).

L’examinateur arrive et s’installe sur une petite table dans un coin. Nous sommes appelés à tour de rôle. L’un des premiers appelés vient se rassoir à côté de moi après sa tentative, je l’interroge. Il me répond :

– J’ai juste dû lire trois phrases, c’est facile. L’examinateur porte un masque mais j’ai deviné un sourire dans son regard.

A mon tour de passer : j’ai 5 longues lignes à lire, je transpire un peu mais ça passe.

Une fois que nous sommes tous passés, nous changeons de salle pour attendre le passage du code.

Quelques minutes plus tard, l’organisateur arrive, appelle 5 personnes, dont le mien :

– Votre niveau de vietnamien n’a pas été jugé suffisant, il va falloir repasser.

Non mais lol ! C’est quoi cette blague ? Si mon niveau de vietnamien était suffisant, je ne passerais pas par tes services !

Pendant que les autres passent leur code, nous patientons près d’une heure dans la salle. Je n’ai pas eu plus de détails, mais l’organisateur revient et nous annonce que c’est mort pour cette fois, il va falloir repasser dans un mois. Il nous appelle un taxi et nous rentrons à Hanoï.

Je suis dé-gou-té. Je m’étais mis beaucoup de pression mais principalement pour l’exercice de conduite, tout le reste n’étant censé être qu’une formalité. Finalement j’échoue dès la première étape. Je mettrai deux jours à m’en remettre.

Deuxième passage

Un mois plus tard, c’est parti pour la deuxième tentative (sans frais supplémentaires). La veille, j’ai de nouveau loué une moto pour m’entraîner.

Première étape : le test de vietnamien

Avant de passer, l’organisateur nous explique qu’on doit lire « quickly and fluently ». Lol !

Le déroulement est exactement le même qu’un mois plus tôt. Cette fois, il n’y aura de grain de sable, tout le monde valide le test de vietnamien.

Deuxième étape : le passage du code

Le code se déroule dans une salle avec plusieurs ordinateurs. Nous passons à tour de rôle en fonction des places qui se libère puisque des vietnamiens passent leur code également.

Voilà à quoi ressemble l’interface du logiciel. Tout est en vietnamien !

Photo prise lors du rendez-vous avec l’organisateur pour apprendre à utiliser l’interface

Il y a 25 questions, j’ai droit à 2 erreurs. Sachant qu’une question est éliminatoire si on fait une erreur. Il ne faut pas se planter !

Honnêtement, sans savoir lire le vietnamien, c’est impossible.

Heureusement qu’un examinateur était assis à côté de moi pour me souffler les réponses (1, 2, 3 ou 4 en vietnamien).

Du coup, j’ai eu 25 / 25.

Après le code, nous avons du temps pour nous entraîner avec les deux motos utilisées pour l’exercice de conduite.

Troisième étape : le test de conduite

Voici précisément en quoi consiste l’exercice de conduite. La seule partie délicate est le « huit », le reste est une formalité. Il faut au moins avoir un score de 80 / 100. Un pied à terre ou une roue qui mord la ligne et c’est 5 points en moins. Nous avons donc le droit à 4 erreurs.

L’autre aspect délicat est d’apprivoiser les deux motos qui sont anciennes et usées jusqu’à la moelle, l’embrayage est compliqué à gérer et on peut caler facilement.

Nous attendrons longtemps, très longtemps puisque beaucoup de vietnamiens passent avant nous.

Un candidat se prépare avec une moto pendant qu’un second est en train de passer. Pas de chance, la moto sur laquelle je souhaitais passer tombe en panne. Elle sera finalement réparée au bout de 20 minutes.

Il commence à pleuvoir un petit peu (la saison des pluies a démarré), je prie pour qu’une grosse averse ne tombe pas au moment de mon passage.

C’est finalement mon tour. Tout se passe parfaitement, j’ai la moto avec laquelle je me sens le mieux. Je ne fais aucune faute : 100 / 100, j’ai réussi mon permis !

Sur la quinzaine d’étrangers que nous sommes à passer aujourd’hui, 3 vont échouer lors de l’exercice pratique. Ils vont avoir une deuxième chance avec un supplément. Un seul échouera lors de la deuxième tentative. Pas de chance, c’était un de ceux qui s’était fait recaler au test de vietnamien avec moi le mois précédent…

Deux semaine plus tard, je reçois mon permis. Ne reste plus qu’à demander le permis international !

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    3 commentaires
    • Répondre Francois

      24 juin 2022, 10 h 26 min

      Excellent ! Pour avoir passer le permis gros cube en France, l’examen que tu as passé est plus simple sur la partie conduite. Par contre pour le vietnamien … 😀

      Est-ce que ton permis moto vietnamien et le permis international sera valable dans les autres pays ?

      Je roule en voiture pour les grands trajets et en « moto » pour le quotidien en Indonésie. J’ai acheté une Honda Astrea, très courant en Asie du sud-est, très économe, fiable et facile à entretenir. Ce n’est pas le plus moderne mais très pratique pour se fondre dans la masse !

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