[Réflexion] #8 : The Power of Giving – le Pouvoir du Don

Ce post provient d’un entrepreneur vietnamien âgé, qui a été formé par les trois meilleures « écoles »entrepreneuriales au monde : américaine, japonaise et juive. Il partage régulièrement sur sa page Facebook ses réflexions et ses leçons entrepreneuriales. Sa réflexion de ce matin m’a beaucoup touchée car il a su mettre les mots sur les renseignements que j’ai reçus et auxquels je crois, sans savoir comment l’exprimer clairement.

Donc je vous propose ici la traduction en français, pour que vous puissiez aussi accéder à ses renseignements. C’est un message important à retenir et à comprendre. Comme je ne suis pas traductrice de formation, il y a certains passages où je vais paraphraser l’idée au lieu de le traduire comme un roman.

Note : Cet entrepreneur vietnamien a ouvert il y a quelques années un club destiné aux jeunes entrepreneurs. Ils y apprenaient à créer des entreprises prospères mais aussi de perdre. Dès qu’ils atteignent leur 1er milliard de Vietnam Dongs (environ 37500€), le monsieur leur conseille de tout donner aux œuvres caritatives, et tout recommencer. Ainsi, ces jeunes entrepreneurs font non seulement un don précieux à la société et aux personnes en difficulté, mais en plus ils apprennent que l’argent ne se perd pas, s’ils ont pu gagner leur premier milliard, ils pourront gagner une dizaine, une vingtaine de milliards plus tard sans aucun problème.


Comment les riches deviennent riches ? Nul ne sait pas parce qu’ils ne partagent pas leurs secrets.
Les pauvres (ndlr: les pauvres, c’est nous, qui ne sommes pas multi-milliardaires), voyant que les riches sont trop riches, alors qu’ils restent pauvres, trouvent tout un tas d’explications.

Peut-être qu’ils sont riches grâce à un héritage ? qu’ils sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche ?
Peut-être qu’un membre de leur famille est ministre, et l’argent vient de la corruption ?
Si aucun membre de la famille n’est ministre, ils vont conclure : Ils doivent être dans l’illégalité.

Parce que dans l’esprit des pauvres, il n’y a pas de notion comme quoi une personne peut devenir riche par lui-même.

Si le riche est brillant, c’est forcément grâce à ses excellents professeurs, son école réputée, sa famille riche, les gènes de ses parents… ils ne reconnaissent pas qu’une personne puisse être talentueuse grâce à sa capacité d’auto-apprentisage. Comme ils n’ont pas cette capacité, ils n’acceptent pas l’idée que quelqu’un puisse être autodidacte et devenir brillant. Au contraire, ils cherchent absolument une raison extérieure pour expliquer pourquoi EUX sont ni brillants, ni riches.

Partout dans le monde, beaucoup de milliardaires ne laissent qu’une infime partie de leur fortune à leurs enfants, le reste est donné aux fondations et associations caritatives. Les pauvres vont y voir de l’évasion fiscale, mais en réalité, il y a des lois très précises cadrant les activités et dépenses de telles associations.

La culture familiale asiatique, c’est le contraire. Chez une famille de classe moyenne, 2 enfants, les parents vont travailler jour et nuit pour leur offrir à chacun une maison. Beaucoup d’entrepreneurs vietnamiens sont radins avec autrui mais trop généreux avec eux-mêmes. Pour eux ou leurs enfants, ils dépensent sans compter, achètent des voitures de luxe, brûlent de l’argent pour le fun, sombrent dans la luxure pour satisfaire leurs corps physiques… mais avec leurs employés ou partenaires, ils comptent chaque centime.

Donner de l’argent sans compter à ses enfants, est-ce une preuve d’amour ?

Les Occidentaux disent que ce n’est pas de l’amour. Les descendants de Hòa Thân, le prince Bạc Liêu (ndlr : les richissimes vietnamiens) sont maintenant sans le sou. Même si leurs ancêtres ont jadis déclaré que la fortune était suffisante pour 5 générations. Pourquoi donc la 3ème génération est devenue taxi-moto? (ndlr : taxi-moto est considéré comme un métier que tout le monde peut faire, il suffit d’avoir un scooter – c’est un peu comme être caissière en France). Les descendants des anciens rois du monde ont aussi revendu leurs trésors aux musées au fur et à mesure.

Lors d’une discussion, j’étais assis à côté de deux camarades chinois. Ils me disent qu’en Chine, la notion de « personne n’est riche sur 3 générations » existe toujours. C’est à dire que même si une famille est richissime, au bout de 3 générations, ils ne le seront plus. Cependant, en Occident, ils restent riches pendant des dizaines de générations. Justement dans le groupe, il y a un italien, 5ème génération d’une grande entreprise de produits dérivés de tomates. Alors, quelle est la différence entre l’Occident et l’Orient ?

Je suis allé chercher la réponse à la bibliothèque puis j’ai posé la question à plusieurs personnes. Enfin, on peut trouver une partie de la réponse dans un vieux livre chinois datant du XVe siècle, ils ont établi des statistiques sur des milliers d’années d’histoire chinoise et asiatique. Le livre parle du pouvoir du don (the power of giving) (ndlr : ce n’est pas le nom du livre chinois, j’ai essayé de le retrouver sans succès, l’auteur y a accès car il parle couramment chinois).

Quand une personne arrive au monde, sa réussite est constituée d’UNE PART DE TALENT, 2 PARTS DE VERTU et 7 PARTS DE FORTUNE.

Cette FORTUNE (ndlr : qui peut être aussi traduite par « influence bénéfique des ascendants; bénédiction; faveur ») regroupe la chance, le mérite, la bénédiction laissés par ses ancêtres. Quand on dit qu’une personne arrive au monde avec beaucoup de FORTUNE, elle peut être intelligente, brillante, chanceuse, ou dotée d’un physique extraordinaire… Cette FORTUNE va décider de 70% de sa réussite. Le problème c’est que nous ne savons pas à combien s’élève notre FORTUNE, donc pour réussir, nous devons aussi augmenter notre part de VERTU (ndlr : bonté, morale) pour atteindre les 20% autorisés et travailler sur nos compétences, pour atteindre les 10% de part de TALENT.

Par exemple, Mr Trương à Hangzhou (ndlr: un richissime commerçant en Chine au VI siècle). C’est un commerçant, donc on va mesurer son succès à travers l’argent qu’il gagne. Sa FORTUNE est, dès sa naissance 100 000 lingots d’or (ndlr : on parle de lingots car c’était la monnaie utilisée dans l’ancienne Chine, lingots d’argent, lingots d’or de toutes les tailles), ce qui correspond au pic du succès de son entreprise. C’est-à-dire que s’il ne gagne que 50 000 lingots, son entreprise sera tout de même en pleine croissance, et sa courbe de succès continuera à croître. Mais quand il atteint déjà 100 000 lingots mais il continue à accumuler, accumuler, sa carrière va commencer à décliner comme une parabole : malchance, maladies, toutes sortes de choses désagréables vont arriver jusqu’à ce que la FORTUNE atteigne 0. C’est sa 3ème génération qui en souffrira.

Les Occidentaux, ils l’ont compris très tôt, ils ont trouvé une solution. C’est le secret des riches occidentaux. Ils ne paient pour leurs enfants que jusqu’à l’âge de 18 ans. Ensuite, c’est au tour des enfants de décider. S’ils souhaitent continuer leurs études supérieures, ils n’ont qu’à emprunter de l’argent, à la famille ou à l’état. Une fois diplômés, ils vont travailler durement pour rembourser leurs dettes, comme tous les autres. C’est seulement après plusieurs années qu’ils vont rejoindre l’entreprise familiale et gravir les échelons comme les autres employés. C’est pour ça qu’ils apprécient l’argent, s’ils achètent des voitures de luxe, ils le feront avec leur propre argent, au lieu de l’acheter avec l’argent de leurs parents.

Les milliardaires occidentaux ne savent pas non plus à combien s’élève la limite maximum de leur FORTUNE. Alors ils donnent, tous les mois l’argent est donné à telle ou telle association, telle fondation, pour différentes raisons, mais l’idée derrière est de donner un exemple à suivre pour la société, trouver de la joie dans le don, assumer la responsabilité d’un véritable homme d’affaires.

Par exemple, si la fortune atteint 99 000 lingots, ils vont donner 90 000 et il leur restera 9000. Leur FORTUNE continue à leur donner 91 000 lingots. Leur business continue d’être en plein essor. En plus, on ne parle pas encore du pouvoir du don. La FORTUNE augmente, le summum de la prochaine FORTUNE devient 150 000 lingots et pas 100 000 lingots.

Beaucoup de gens (essentiellement ceux qui ne gagnent pas beaucoup d’argent, comme les universitaires), expliquent qu’ils le font pour échapper aux impôts, mais la réalité c’est que, quand une personne a déjà un milliard de dollars, sa manière de réfléchir est très différente, elle n’est plus à compter chaque sou destiné aux impôts comme nous le pensions. Quand ils atteignent un milliard, 10 milliards ou 20 milliards, les milliardaires ne se soucient plus du solde de leur compte.

Ils donnent en continu et pas juste une fois, ils ne vont pas décider de donner 5 millions, puis regretter, et donner 2 millions à la place. Si vous regrettez encore quand vous voyez l’argent partir, vous ne pourrez pas faire de grandes affaires car vous manquez de générosité et de gratitude.

Donnez, car l’Univers note tout. Une pensée positive pour quelqu’un d’autre, c’est un message positif à l’Univers. Un petit don pour quelqu’un d’autre, c’est une petite note ajoutée par l’Univers sur notre générosité, et l’Univers s’arrangera pour nous donner autres choses.

La loi de l’Univers, c’est de prendre là où il y a trop, pour donner là où il en manque, et la personne qui accomplit cette mission aura toutes les faveurs de l’Univers.

[FIN DE LA TRADUCTION]

Mes commentaires : Donc, concrètement, comment on fait ?

Premièrement, cessez d’être des mamans poules, papas poules. Ne donnez plus de l’argent à vos enfants *adultes*. Plus vous donnez à vos enfants, plus ils perdent leur part de FORTUNE et vous ne leur rendez pas service. Prêtez de l’argent éventuellement (avec intérêts), mais ne donnez pas aux enfants.

ll y a aussi plein de manières de donner, ici notre entrepreneur vietnamien parle des dons caritatifs car il s’adresse aux entrepreneurs. Mais vous pouvez faire des dons réguliers et de multiples manières. Ca peut être un virement mensuel automatique de 5€-10€-50€ vers votre association préférée, ça peut être le don du temps (servir les repas aux restos du Cœur, ou faire des annonces pour les chats à adopter), ça peut être le don de connaissances (enseigner quelque chose gratuitement, créer un site web pour mettre à disposition ses connaissances), ça peut être le don du sang, comme ça peut être juste un partage pour informer, et pour répandre de l’amour et l’énergie positive…

Ce Noël, au lieu de se faire des cadeaux que tout le monde finit par jeter ou revendre, offrez un bon de don. Comme ça, la personne pourra choisir l’association de son choix, s’y intéresser

Quand nous voyageons, nous prenons le temps de prendre en photo les plats et les restaurants, pour ensuite poster un avis positif sur Google Maps ou Tripadvisor afin de faire venir des clients chez eux. Si nous avons particulièrement bien mangé, bien profité de l’hôtel, nous en parlons en plus sur notre blog. Ce blog est aussi une forme de don, et de gratitude, pour remercier l’Univers de toute la chance qu’il nous a donnée.

Nous continuons à garder notre entreprise en France et payer les impôts en France, pour rembourser à l’état les frais de nos études supérieures, et pour permettre à d’autres étudiants de profiter encore et encore du renseignement pas cher en France, des infrastructures, des soins médicaux de qualité et pas chers.

Peut-être que vous pensez qu’il ne faut pas crier sur tous les toits quand on fait des dons ou quand on fait des choses positives. Au contraire, au milieu des posts rageants, négatifs, un post positif est comme une bouffée d’oxygène. Parler de nos actions positives, c’est montrer l’exemple et inciter les autres à faire de même. Quand l’intention est pure (donner pour donner, sans attente), vous n’avez pas à craindre de ce que peuvent penser les autres de votre générosité.

Voici le texte original en vietnamien :

Con đường làm giàu của dân Á Đông đa phần rất bí hiểm, không ai biết làm sao họ giàu vì họ không chia sẻ. Người nghèo…

Publiée par Tony Buổi Sáng sur Mardi 13 octobre 2020
Digital Nomad : 2,5 mois à Rome (Italie), destination idéale en plein Covid
    Anh

    Anh est franco-vietnamienne et a vécu dans de nombreux pays (Russie, Australie, France, Norvège, Vietnam). Elle aime par dessus tout les chats, le DIY et la bonne cuisine. Ayant une très bonne mémoire, Anh est capable de vous donner le tarif du petit bus pris entre le Chili et la Bolivie qu'elle a pris il y a 3 ans.

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