Les rues de Sao Paulo, entre Street Art et Football

Plus grande ville d’Amérique du Sud, Sao Paulo est située à quelques 5 heures de route de la célébrissime Copa Cabana. Si elle est souvent qualifiée de « locomotive » du Brésil (car elle en est le poumon économique), elle n’en est pas moins une ville au fort potentiel touristique. Au delà du patrimoine culturel classique (l’avenue Paulista, le Musée d’Art de la ville, l’édifice Banespa etc), les rues de Sao Paulo sont le lieu d’expression de talents artistiques et footballistiques.

Le Street Art, une vraie attraction à Sao Paulo

L’un des attraits de Sao Paulo est le Street Art, tout en couleur et engagé, et qui depuis plus d’un an, se retrouve au cœur d’un débat animé. La ville vit en effet au rythme des coups de peintures grises et protestations.

Le nouveau maire, élu en janvier 2017 a entrepris de faire la guerre « aux tags », et par la même aux fresques murales d’artistes comme Eduardo Kobra, sans doute le plus célèbre des artistes « sévissant » à Sao Paulo. Si les œuvres de Kobra dépeignent la société d’aujourd’hui, il est également connu pour ses portraits colorés d’Anne Frank ou d’Oscar Niemeyer (grand architecte brésilien que connaissent bien les Havrais).

Le programme de la nouvelle municipalité, baptisé « Cidate Linda » vise à redonner sa beauté à la ville en luttant contre les tags. Problème : ils ne s’y retrouvent plus très bien entre art et tags. Les fresques murales se sont rapidement retrouvées recouvertes de peinture grise. Des fresques, qui, il faut le préciser, ont été commandées par la municipalité précédente. Après de nombreuses protestations, le maire a tenté de corriger le tir et a affirmé qu’il considérait que les fresques murales étaient des œuvres artistiques et que son projet ne ciblait que les pichacao (tags).

Les fresques colorées qui font vivre le centre de Sao Paulo devraient donc survivre et pour les apprécier je vous recommande plus particulièrement, le quartier de la Madalena (station de métro) ou l’allée de Batman.
Les rues du Brésil sont aussi le théâtre de scènes qui font l’image du pays : si aucun sport ne peut être comparé au football, les carnavals et autres spectacles de rue sont tout aussi populaires. L’art de la rue est un monde plein de surprises, aussi imprévisible qu’une partie de poker !

Et que dire, des petits brésiliens qui expriment dans la rue et dès le plus jeune âge, leurs talents footballistiques ? A l’heure où la Selecao a été éliminée de la Coupe du Monde par la Belgique, il semble à point nommer de nous intéresser au Musée du Foot de Sao Paulo.

PHOTO par Marilane Borges/ CC BY 2.0 – Entrée du musée

Personne n’ignore qu’au Brésil le football est un mode de vie, une religion. Nous ne serons donc pas étonnés de trouver le Museo do Futebol (inauguré en 2008) au Brésil, et plus précisément à Sao Paulo. Le musée se trouve dans l’enceinte du Stade Pacaembu, stade construit en 1940, qui est l’un des plus vieux stades du pays. C’est l’un des stades qui a accueilli la Coupe du Monde en 1950, dont le souvenir reste très douloureux.

La visite comprend 15 salles d’expositions interactives, dont la salle des Coupes du Monde, sans compter la plus fréquentée, qui présente une exposition sur les Coupes du Monde de 1930 à 2014, avec un focus sur l’histoire du match contre l’Uruguay en 1950, un traumatisme pour le pays. Depuis, à chaque match contre l’Uruguay, on évoque « le fantôme de 1950 ».

L’exposition ne manque pas de rendre hommage aux supporters : une salle nous plonge dans l’ambiance sonore d’un match : entre chants, joie, pleurs et exaltation ! Une ambiance incroyable.

Un conseil pour apprécier le musée: mettez vous au portugais ou optez pour une visite guidée ! Et, cela va sans dire, le musée est fermé les jours de match !

Soyons clairs, ce ne sera ni le « fantôme de 1950 », ni l’humiliation infligée par l’Allemagne en 2014 ou la défaite contre la Belgique en Russie qui éteindra la flamme du pays pour le ballon rond. Le football est, et reste le roi des sports !

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