Tour Du Monde 5 Continents

Quand rien n'est prévu, tout est possible

Voir un match de San Lorenzo et de River Plate à Buenos Aires (Argentine)

Tous les jours, nous croisons des argentins tatoués aux couleurs de leur équipe préférée.

Tous les matins à l’auberge de jeunesse, nous petit-déjeunons sous le portrait du dieu vivant Diego Maradona (aux côtés de Che Guevara).

24h / 24, plusieurs chaînes de TV diffusent du football argentin ou espagnol.

Dans la province de Buenos Aires, il existe pas moins de 19 équipes professionnelles et le Superclásico entre River Plate et Boca Juniors est réputé pour être le derby le plus chaud de la planète.

En Argentine, le football est une religion, impossible de passer à côté.

Amateur de foot, l’envie est donc grande de découvrir l’ambiance des stades argentins. Le timing est parfait : après quelques jours de grève (en raison de retards de salaires), le championnat démarre avec du retard, le WE même de notre arrivée dans la capitale.

A peine arrivé à notre auberge, je me renseigne donc sur la possibilité d’assister à un match. Le réceptionniste m’explique qu’une agence propose un package « tout inclus » pour assister dimanche au match de River Plate. Si j’ai un budget réduit, je peux assister samedi au match de son équipe favorite : San Lorenzo en me débrouillant tout seul pour acheter mon billet et me rendre au stade.

San Lorenzo c’est moins cher, River Plate c’est plus mythique, que choisir ?

Après une longue réflexion d’au moins 5 minutes je me décide : ce sera San Lorenzo ET River Plate. L’occasion ne se représentera pas de ci-tôt, autant en profiter !

San Lorenzo vs Belgrano

San Lorenzo fait parti de « Los 5 Grandes » du championnat argentin. Cette équipe est (notamment) connue pour avoir un supporter de marque : le pape François !

Aucune agence n’organise le déplacement, je dois donc me débrouiller tout seul. Je me rends à la boutique du club pour acheter un billet.

L’opération ne prend que 5 minutes, je dois simplement choisir entre les 3 gammes de prix proposées. La tribune popular me tente bien mais j’ai promis à Anh d’être prudent et je ne sais pas trop à quoi m’attendre, je choisis donc la gamme intermédiaire pour 400 pesos.

Le lendemain, je prends le bus vers 15h (le match débute à 17h). Après environ une heure de trajet je découvre l’Estadio Pedro Bidegain, enceinte de 48 000 places.

Clairement le quartier dans lequel se trouve le stade est pauvre, on est loin des beaux quartiers de Buenos Aires. Je ne me sens pas du tout en insécurité mais ce serait sûrement différent un soir à 23h. La présence policière est importante mais pas plus que pour un match au Parc des Princes (à la différence près que les CRS parisiens ne sont pas équipés de fusils à pompe). Depuis 10 ans, tous les matchs en argentine se font sans la présence de supporters adverses…

Les indications pour trouver la bonne porte d’accès sont inexistantes, je galère donc un peu avant de pouvoir entrer dans le stade, je suis content d’avoir pris un peu d’avance.

Une fois dans la tribune, je galère de nouveau pour trouver ma place (le marquage au sol est effacé depuis fort longtemps), le stadier à qui je demande de l’aide m’indique un mauvais chemin. C’est finalement un supporter amusé de voir un gringo ici qui me montrera ma place.

C’est le début du match et je comprends vite que je ne dois pas attendre trop de spectacles de la pelouse.

Festival de passes manquées, attaquants maladroits, défenses catastrophiques, néant tactique, … le niveau de jeu est très faible. Il ne reste aux acteurs que leur grinta pour leur donner un peu de crédit. Les tacles au niveau du genou qui seraient sanctionnés en France de 5 matchs de suspension ne valent ici qu’un carton jaune.

Il y a quelques années encore, les meilleurs joueurs argentins jouaient quelques années dans les meilleurs clubs avant de partir en Europe. Désormais, ils partent avant même d’avoir joué dans une grande équipe argentine. L’Argentine est d’ailleurs le pays ayant le plus de joueurs qui jouent à l’étranger. Le meilleur symbole de cette désaffection est Lionel Messi : le meilleur joueur du monde est arrivé à Barcelone à l’âge de 13 ans, avant même d’avoir fait profiter de son génie au championnat argentin.

Si le spectacle n’est pas sur le terrain, il est dans la tribune. De la 1ère à la dernière minute, tout le stade chante et danse, mené par la tribune popular à ma droite très bien organisée. Aucun temps mort, le volume sonore augmente quand les supporters veulent pousser leur équipe dans un moment important. Ils font un geste caractéristique : pliant et dépliant l’avant bras en rythme, très bel effet visuel à la clé.

Le match se terminera sur une victoire 2 à 1 de San Lorenzo avec 3 buts sur coups de pieds arrêtés : 2 buts de la tête sur corner et un penalty (lui même obtenu suite à un corner, …). Le championnat argentin avec des joueurs hyper techniques, c’est clairement une légende 😉

Le résumé du match

L’animation des supporters

River Plate vs Union

River Plate est l’une des plus grandes équipes d’Amérique du Sud, son maillot blanc barré de rouge est mythique et son stade de 60 000 places, El Monumental est le plus grand d’Argentine. C’est également le club ou notre David Trezeguet national a terminé sa carrière. Il me tarde donc d’assister à ce match.

Contrairement à la veille, je passe par une agence (« Vamos a la Cancha »). Il m’en coûtera la somme de 100 dollars. Si c’était à refaire, j’essaierai d’acheter le billet par moi même puisque sa valeur faciale était de 350 pesos seulement, belle marge pour l’agence. Pas sûr cependant que ce soit possible d’acheter un billet par soi même puisque le réceptionniste de l’hôtel ne m’a pas proposé cette option.

Le package comprend le déplacement en mini-bus, le dîner, le billet et l’accompagnement par deux guides anglophones. Nous sommes une vingtaine en tout.

Le match commence à 19h, nous allons donc dîner à 16h30 : viande et bière à volonté pour se mettre en condition. Je fais la connaissance d’un suisse et d’un anglais de Manchester qui ont l’habitude de voyager pour le foot. A leur tableau de chasse : la coupe du monde 2014 au Brésil, l’euro 2016 en France et ils ont tous les deux prévus d’aller en Russie en 2018.

Le guide est très étonné quand je lui explique que je suis allé voir San Lorenzo tout seul la veille, selon lui le quartier est craignos.

Après le dîner, nous reprenons le bus pour nous rendre au stade. Le guide nous explique qu’il pourra nous traduire les chants si on le souhaite mais que généralement, il est question de la mère ou de la soeur de l’arbitre ou des joueurs adverses…

Contrairement au stade de San Lorenzo, El Monumental est situé en pleine ville, on sent donc bien toute la tension de la ville qui se prépare à la rencontre. On aperçoit plusieurs bus dont les portes ne peuvent plus fermer tant ils sont plein à craquer de supporters déjà en fusion.

Le stade est magnifique et sera presque plein pendant la rencontre.

Avant le match, je m’étonne de ne voir que les gardiens s’échauffer. Un supporter argentin m’explique que c’est trop dangereux pour les joueurs adverses…

L’entraineur local Marcelo Gallardo, formé à River Plate et passé par Monaco et Paris est particulièrement acclamé.

Bien que plus nombreux, je trouve l’ambiance moins bonne que la veille, l’animation sonore étant moins régulière et se concentre sur quelques moments clés et pour mettre la pression sur l’arbitre et les joueurs adverses.

Malheureusement le spectacle sur le terrain est encore plus faible que la veille. Le niveau est faible et malgré un début de deuxième mi-temps prometteur, seule une grosse frappe sur la transversale aurait pu troubler l’irrémédiable 0 – 0 qui se profilait. River Plate a remporté il y a deux ans la Copa Libertadores (l’équivalent de notre Ligue des Champions européenne pour l’Amérique du Sud), ça en dit long sur le niveau des championnats sud américains…

Le résumé du match

En conclusion, ces deux matchs furent une superbe expérience. A l’heure ou en France, le mouvement ultra est en train de disparaître avec la volonté des pouvoirs publiques (cf la pauvre ambiance du Parc des Princes malgré les résultats sportifs), ça fait du bien de voir un public passionné présent pour faire la fête dans les tribunes. Il ne faut cependant pas avoir de grosses attentes du spectacle sur le terrain qui fût très faible lors des deux rencontres auxquelles j’ai assisté.

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